6 boucles, 66,7 km, près de 3 850 m de dénivelé positif et plus de 7 heures d’effort au cœur de Courchevel. Le concept “Find your Limit” a porté tous sons sens avec l’exigence du terrain qui rencontre la répétition d’un circuit usant. Régularité de la foulée, et stratégie nutritionnelle, retour sur une matinée de trail en haute intensité, à qui n’en déplaisent. J’ai joué le jeu à fond !

Pour ma deuxième participation à cet X-Trail, je décroche une magnifique 3ᵉ place. Mais au-delà du résultat brut, cette édition 2026 restera gravée comme une expérience véritablement à part.

Ce parcours réinventé et ce format inédit ont poussé chacun de nous dans ses retranchements : une épreuve qui s’est jouée autant dans les jambes que dans le mental.

On venait faire une journée en montagne. On a fait une journée au mental. Marie Dohin

Le décor et l’équation du jour

Il a fallu revoir la copie à 5 minutes du départ. En cause, des chemins lessivés par les orages nocturne, une météo orageuse et incertaine, pour la sécurité des 1700 participants la décision était inévitable. Impossible d’exposer les bénévoles et les participants à un risque d’orage sur des parcours qui, dès le 22 km, évoluent au-delà de 2 400 mètres d’altitude avec le franchissement de plusieurs cols en empruntant des crêtes particulièrement exposées à la foudre.

Comme chaque année, chacun restait libre de s’arrêter à l’issue de chaque boucle ou de repartir pour tenter d’atteindre la distance supérieure.

Si l’annonce a d’abord suscité de la déception, voire de l’incompréhension, les objectifs personnels ont vite repris le dessus. Malgré un terrain de jeu totalement repensé, les participants ont retrouvé l’essence même de l’épreuve en s’élançant sur les six distances emblématiques : 11, 22, 33, 44, 55 et 66 km  avec un seul objectif : aller le plus loin possible avant la fermeture des barrières horaires.

L’objectif était le même mais pas sur le même itinéraire. Un boucle redoutable : enchaîner 6 tours d’environ 11 km comportant chacun près de 640 m de D+ et de D-. Un tracé à fort pourcentage, exigeant aussi bien pour le coeur dans les montées que pour les quadriceps dans les descentes engagées. J’ai personnellement trouvé ce format plus difficile que l’itinéraire en montagne.

Les chiffres clés de la course

L'activité Strava
Sur une épreuve de plus de 7 heures avec ce niveau de dénivelé et la répétition du circuit, l’alimentation doit être régulière et s’était facile de gérer. La stratégie établie était claire : viser 90 g de glucides par tour, soit un apport lissé d’environ 80 g de glucides par heure. J’ai un peu saboté ma première heure, pris par la frénésie du départ, je ne me suis pas alimenté. Quelle erreur ! Dans le tour 5 j’ai pris un coup de dure musculairement. En pratique : Un mélange de boissons d’effort High Carb Tailwind et des gels répartis sur chaque tour.

Au fil des tours

Tour Vitesse d’effort (VAP) Pulsation Pour résumer
1h03:63 17,5 km/h  161 Un départ Canon
1h10:41 15,7 km/h 157 À se frayer un chemin avec les autres participants
1h13:30 15,1 km/h 158 Calage du rythme et du monde au ravitaillement qui empêche d’être efficace
1h14:26 14,9 km/h 159  Idem
1h20:06 13,9 km/h 151  Le coup de bambou musculaire
1h13:42 15,1 km/h 154 Le sursaut d’orgueil !

La tentation du premier tour

Les jambes répondent parfaitement : premier tour bouclé en 1h03:63. Une cadence dynamique et une foulée ample.

Réaction immédiate au tour 2. Je lève un peu le pied pour préserver du jus, sachant la matinée est encore longue. De plus, nous sommes prêt de 1700 à devoir cohabiter sur le même chemin. Lors du deuxième tour, il fallait rapidement se signaler et les gens étaient au top pour laisser passer les coureurs plus rapides !

Garder le rythme

Au troisième tour, la régularité est là. Mais dès le tour 4, La cadence s’effrite légèrement et l’allure se réduit. 

Le creux de la vague 

Le 5ᵉ tour a été difficile physiquement. Les quadriceps, entamés par plus de 3 000 m de D- et se parcours à répéter est exigeant et fatigue. L’allure et la fréquence cardiaque moyenne baisse proportionnellement.

Le finish !

C’est là que le format boucle réserve de belles surprises : sachant qu’il ne restait plus qu’un ultime tour, la motivation redonne de l’énergie. Dernier tour bouclé en 1h13:42, aussi bien que le 3e tour. C’est que j’en avais encore sous le pied 😉

Ce qu’il faut en retenir !

Sur la ligne d’arrivée, la magie de notre sport a une fois de plus opéré. L’ambiance y était d’une ferveur incroyable, où les applaudissements nourris pour les finishers se mêlaient aux encouragements survoltés pour celles et ceux qui s’élançaient, le regard déterminé, pour une boucle supplémentaire. C’est exactement cette camaraderie et cet esprit de dépassement qui font la beauté du trail.

Après la tempête vient toujours le beau temps. Coureurs, bénévoles indispensables et organisateurs ont désormais le regard résolument tourné vers 2027. Avec une hâte non feinte : celle de retrouver les sommets, de reconquérir les parcours d’altitude et de partager à nouveau cette fabuleuse aventure humaine en haute montagne.

Un grand merci à l’association Courchevel Sports Outdoor, aux bénévoles et à vous tous pour le soutien tout au long du parcours !