Dimanche 13 septembre, nous étions prêt de 10 000 coureurs, à se lancer dans ce qui ressemble à une expérience à 270 mètres au-dessus du Tarn, sur un ouvrage d’acier qui a coûté 320 millions d’euros à construire. Pour une course à pied. Il faut le faire. C’est la seule course en France autorisée à fermer une portion d’autoroute en une piste d’athlétisme de 5 km. Bienvenue sur la Course Eiffage du Viaduc Millau ! 

course viaduc eiffage millau depart

J’ai fini quatrième (encore) 

Ma stratégie ? Un Negative split de 23,7 km et 400 mètres de dénivelé. Si tu ne crois pas, tu peux me suivre sur strava. C’est mathématiquement intelligent mais psychologiquement, c’est une frustation. Pourquoi ? Parce que mon cerveau chuchote « vas-y, t’es frais, t’as des bonnes sensations, accélère ! », alors je profites, on discute même sur le viaduc, pour attendre le bon moment pour accélérer, la descente !

course viaduc millau eifface raybaud

Résultat : je n’ai pas explosé. Je n’ai pas non plus triomphé. C’est ce qui s’appelle en langage marketing « une belle prestation » . Je termine en 1h23 et quelques secondes.

La position ingrate du sport, celle où tu es assez bon pour continuer à croire en un podium. 

Oui, QUATRIÈME. 

Les vainqueurs : Goulwen Kerneguez et Ophélie Serra-Boxberger

arrivée de goulwen kernegeuz course eiffage millau

Goulwen Kerneguez s’est approché du record en 1h18’12’‘, devançant Hussein Khangui (1h19’32”) et Corentin Causse (1h20’47”). Kerneguez, c’est pas du hasard : il habite à Millau depuis 2019 et a déjà des belles lignes à palmarès, notamment une 7e place au Grand Trail des Templiers en 2024. Une victoire à domicile sur l’ouvrage qui domine son paysage quotidien. Bravo !

arrivée de olivia serra course eiffage millau

Ophélie Serra-Boxberger s’est imposée chez les femmes en 1h28’47” avec plus de deux minutes d’avance. Double championne de France du 3 000 m steeple, l’athlète internationale inscrit ainsi son nom au palmarès.

course femmes viaduc eiffage millau

Le plateau féminin élite avait l’honneur de débuté la course 5 minutes avant la vague élite homme. C’est une belle reconnaissance et c’est un point d’organisation à féliciter. 

Quand les terrassent font le plein !

Tous est préparé pour diriger les 10 000 participants. DIX MILLES !! C’est le même ordre de grandeur qu’une petite ville française. Vous pouvez imaginé la charge logistique en plus de gérer 600 bénévoles et dévier une autouroute pour des coureurs à pieds. La ville de Millau bouillone.

Le Viaduc de Millau, en impose quant tu arrives ! Et c’est quand tu cours dessus que tu sais que c’est unique de d’établir le 10e temps jamais réaliser sur le segment strava. C’est beau !  C’est bête, mais c’est vrai ! J’ai eu cette même émotion lors du semi marathon du Ventoux. 

nicolas raybaud viaduc craft kype pro

Mais la vraie magie, ce sont ces bars remplis après la course. « Ouais, j’ai couru sur le Viaduc de Millau, je suis mort, je bois une bière ! »

Les gens qui traînent sans culpabilité et en totale ivresse de l’objectif finisher !

C’est devenu un ravito urbain où les derniers participants se transforment en habitants, où l’économie locale tourne en rond heureux, où les restaurateurs doivent déjà penser aux prochaines manifestations sportives.

Organisation : business ou fédérateur ? 

Mais vous voulez une vraie question ? J’ai un quand même un sentiment mitigé sur l’organisateur. Pourquoi une épreuve qui attire 10 000 personnes propose-t-elle une prestation aussi minimaliste ? Une enveloppe. Un dossard. Quatre épingles. Pas de gel énergétique, ou un produit du terroir ou un t-shirt de l’épreuve offert (non le t-shirt est payant) ? On remplis le juste minimum syndical.

médaille course eiffage millau viaduc

À l’arrivée ? Une médaille en bois. Seulement les trois premiers hommes et femmes sont récompensés. Sauf que quand tu penses aux 10 000 médailles et aux retombées économiques que cette affluence drape autour de Millau, tu te dis : ” où vas l’argent là-dedans ? La fête devrait être encore plus belle ! “

La réponse est sans doute simple :

Du spectacle, une communion social et une économie de l’événementiel sportif pour expérience symbolique.

Cela est sans doute dans la politique RSE de Eiffage ? Et effectivement, les 1 845 collaborateurs Eiffage inscrits sont là, visibles, rayonnant que le groupe finance une si belle épreuve.  Je pense qu’il y a une volonté de réduire son impact écologique, magnifier le génie civil français, en adoptant de bonnes initiatives sur les ravitaillements et l’encadrement de l’épreuve par des vélos. 

Verdict : spectaculaire malgré lui !

  • Est-ce que c’est un défi sportif unique qui ne laisse pas de répit ? Oui !
  • Est-ce que les gens reviennent tous les deux ans ? Oui !
  • Est-ce que j’y retournerais ? Sûrement !

Parce que finalement, même avec un dossard et quatre épingles, j’adore ce genre d’évènement qui bouscule les codes ! La Course Eiffage du Viaduc de Millau a ça en lui : cette capacité à attirer tous ces passionnés pour un bon moment de sport ! 

Liens utiles :

  • https://www.course-eiffage-viaducdemillau.fr/venir-a-millau

Cet article est rendu possible par Outdoor And News.