Tignes en octobre, c’est un poil mélancolique, mais à cette saison on s’entend penser et vivre la nature. Croyez-moi, au début, ça fait peur. J’ai été habitué à Tignes version été !
Altitude Résidence m’a réinvité à Cap-Neige, à Tignes le Lac. Réinvité, donc ils ont aimé la première fois à la résidence Freedie, ce qui me conforte sur notre collaboration. À mon programme : découvrir l’envers du décor estival, loin de la cohue, et enfin se reposer. Se reposer, j’ai dit ? Vous verrez ce que ça donne chez moi !
Tignes est à l’entracte.
J’arrive le vendredi soir. La station est à l’entracte. Les vacanciers de l’été sont repartis, les skieurs de décembre ne sont pas encore là, et Tignes se prépare en coulisses à l’abris des regards.
La météo, elle, fait mentir les “on-dit ” ! eux jours de grand soleil, un air presque doux à 2 100 m, un ciel bleu de carte postale. À cette saison, ça ressemble à une anomalie thermique Je ne dis rien, je prends !
Le tour du lac, ou comment doubler personne
Samedi matin, séance intensive autour du lac de Tignes. En été, ce circuit est un périphérique : vélo, randonneurs et joggeurs cohabitent. Là, rien. Personne ne m’a doublé, et pour cause, nous étions trois à tout casser.
Le lac, lui, est devenu ce qu’il est vraiment : un miroir posé dans son cirque avec la grande motte qui s’y reflète. L’air pique les poumons au lever du jour, les mélèzes virent à l’or, et l’on n’entend le silence de la montagne. Quand on dit que ça change de l’été, c’est un euphémisme.
Lac de la Sassière
L’après-midi, retour à Cap-Neige, pour se restaurer sur la térasse, avec vue le lac.
je repars à vélo « pour récupérer ». Oui, je sais. Il faut chercher un manuel de logique quelque part dans mon sac.
Destination : le lac de la Sassière, bien connu des bivouaqueurs qui s’en servent de base avant de monter sur la cime de la Sassière, l’un des plus hauts sommets randonnables du secteur. Haut perché, minéral, encadré de crêtes pelées, c’est un lac d’altitude comme on les aime : on y vient à la sueur de préférence et on y reste muet.
Dimanche : Au Petit-Saint-Bernard et aux souvenirs
Dimanche, grande sortie vélo avec mon ami Gabin Ageron : descente de Tignes jusqu’à Séez, puis remontée vers le col du Petit-Saint-Bernard. Au total, près de 100 km et 3 000 m de dénivelé, de quoi se faire pardonner une incartade à la Boulange. Descendre de 2 100 à environ 850 m en pédalant à peine, c’est le bonheur. Remonter ensuite jusqu’à un col qui frôle les 2 200 m, c’est l’addition. Mais quel col : frontière franco-italienne, hospice, lacets sauvages.
Surtout, ce col nous a rappelé de beaux souvenirs. Le week-end d’avant, nous étions au trail du Petit-Saint-Bernard, où chacun avait sa victoire sur son parcours. Et moi, perdu dans mes pensées, je repensais à la TDS : la nuits à la frontale, les chemins qui se déroulent comme un fil, et ces moments où l’on dessine déjà en silence la saison suivante.
Retour à Tignes. Et comme si ce n’était pas suffisant, j’ai réussi à conclure à pied, à la limite de la fringuale, histoire de garder un cap de week-end cohérent : plus de passion que de raison !
Chute : à l’année prochaine ?
Ce que j’ai retenu de ce week-end, c’est qu’une station vide n’est pas une station morte.
Elle respire, comme ce lac qui reflète les crêtes, comme ce glacier qui recule tout doucement en nous regardant passer. J’étais venu pour me reposer. Je repars avec 8h d’entraînement, un bilan physiologique et moral en pleine forme ! Si c’est ça, le repos selon Altitude Résidence, je veux bien me reposer encore.
À l’année prochaine, Tignes !










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