C’était une édition historique puisqu’il s’agissait de la toute première intégration de cette course taïwanaise au circuit mondial UTMB World Series. Le XTRAIL Kenting by UTMB : 100 km et 4 000 m de dénivelé positif. Le tout compressé dans un aller-retour de moins de 72 heures sur place pour préserver mes jours de congés. Un pari fou ? Complètement. Mais une réussite totale.
Comment se rendre à Kenting ?
J’ai opté pour la solution la plus direct, un vol aller/retour à Kaohsiung avec un transfert à Hong-Kong. Les vols sont opérés par Air France et China Airlines pour un modeste de coût autour des 700€ et 14h de voyages (dont le transfert). C’est la gestion des 7 heures de décalage qu’il faut bien gérer.
À Kaoshiung, pour se rendre à Kenting, il y a des liaisons régulières de Bus, précisement la ligne 9117B. Il faut compter 332 NT et 2h30 de transport pour arriver à Kenting. Vous pouvez payer en cash au chauffeur.
À l’aéroport, vous disposerez de tous les services de change et d’achat d’une carte sim pour votre mobile.
Les équipements pour le 100 km
Sur une épreuve aussi exigeante, sous l’humidité de l’Asie, je mise sur mes textiles Craft HyperVent, léger et respirant, et parfaitement assortis à mon sac Instinct Trail 7L.
Côté chaussure les nordlite ultra pro approriée pour le gravel. Mais si c’était à refaire ? Je partirais en chaussures de route comme les Pacer2 ou les XPLOR Pro car sont plus confortable pour les surfaces dures. Le parcours est cassant, avec énormément de portions bétonnés qui ne sont pas forcément plaisantes. Mes chaussures de trail étaient de trop sur ces secteurs.
La Course : Trop de gestion et une leçon
Le départ est donné à 5h30. 8 km de bitume d’entrée de jeu, avec une montée et une descente sèches. On est 6 en tête, le rythme est soutenu, mais je sens qu’il faut lever le pied. La chaleur et l’humidité sont déjà pesantes, presque palpables. Je décide de laisser filer, conscient que la suite sera un chantier bien plus complexe.
On plonge enfin dans le vif du sujet : des ravines, des sentiers tropicaux étroits, une terre sèche truffée de racines cachées sous une végétation dense. La vigilance est totale.
Stratégie et Nutrition
Pour tenir sur la durée, j’ai tourné à 70g de glucides par heure, un mix parfait pour une glycémie lissée, le top !
- Hydratation : 6 Boisson Tailwind Nutrition
- Énergie : 6 Gels TA Energy, 4 gommes TA et 2 gourdes de fruits Ultimum.
La remontée !
Pointé à la 10ème place, je vois que certains explosent pour être partis trop vite, et d’autres, plus expérimentés, me remontent. Je reste dans ma bulle, peut-être même trop. J’ai cette peur constante de faire “pop-corn” sous la chaleur, alors je bride le moteur.
Le gros morceau, entre le km 42 et le km 64, se passe bien, je gère et ne m’affole pas. Une fois cette section digérée, je commence à remettre du tempo. Sur les 12 derniers kilomètres, j’accèlère encore même si je sens que les cuissots chauffent. Thibault (mon assistance du jour) m’informe depuis toute la course que m’a foulée est bien belle alors que devant, tout le monde est à l’arrêt, scotché par la fatigue.
Le décompte final : 10, 9, 8, 7… jusqu’à la 6ème place ! Quand on m’annonce le classement à l’arrivée, je n’y crois pas. Premier 100 km bouclé, à des milliers de bornes de la maison, malgré le décalage horaire.
Une expérience humaine avant tout
Sous les félicitations de mes nouveaux amis local, au-delà de ma 6e place et de 1er Européen de résidence, ce sont les rencontres qui ont marqué ce voyage comme les Midnight Runners de Hong Kong.
Le sport est un langage universel. Être reconnu et encouragé en plein sentier par des locaux… c’est là qu’on réalise que la communauté trail est une immense famille mondiale.
En Asie, le sport est une fête, une reconnexion à soi et aux autres. On ne court pas seulement contre le chrono, on court pour s’amuser. Et honnêtement ? C’est le meilleur moteur pour la performance.
Le débrief
Avec le recul, je sais que j’en avais encore sous le pied. Mon index final ne reflète pas ma pleine condition physique car j’ai trop géré. J’aurais pu courir là où j’ai marché par prudence. Mais c’est ça l’apprentissage : j’ai fait une course complète, sans aucune faiblesse, et je rentre avec une certitude : je sais maintenant exactement de quoi je suis capable.
Côté budget : Pour ceux qui se posent la question, l’aventure est accessible avec un peu d’organisation : 700 € d’avion et environ 200 € sur place (hôtels, repas, déplacements). Une somme investie dans des souvenirs impérissables.
En savoir plus https://xtrail.utmb.world/
